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Wassail, drinchail et savoir-vivre, ou la disqualification culturelle d’une élite

Wassail, drinchail et savoir-vivre, ou la disqualification culturelle d’une élite

By Alban Gautier

Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, Vol.19 (2010)

Abstract: In the writings of Norman and Anglo-Norman authors of the twelfth century, the pre-Conquest English aristocracy are often depicted as boisterous drunkards, and their table manners are pictured as unfit for a civilized people. On the other hand, the study of late Anglo-Saxon sociability practices shows that nobles’ table manners were more similar than not on both sides of the Channel. This article argues that Anglo Norman clerical authors, moralists first and foremost, built such an image of the pre-Conquest English in order to stigmatise the vices of their own times: first those of the common people, who still practiced cries and gestures most certainly rooted in ancient drinking customs, and those of the Anglo-Norman aristocracy, whose manners they found unacceptable. A good way of condemning those manners was thus to attribute them to « the English », that is to a former ruling class that had been displaced and scorned by the ancestors of those very aristocrats they were trying to reform.

Résumé : Les auteurs normands et anglo-normands du XIIe siècle présentent souvent les nobles anglais d’avant la conquête de 1066 comme des ivrognes braillards, dont les manières de table étaient indignes des peuples civilisés. Or l’étude des pratiques de commensalité à la fin de la période anglo-saxonne suggère au contraire que les usages conviviaux des élites étaient très comparables de part et d’autre de la Manche. Cet article défend l’idée qu’en bons moralistes, les clercs anglo-normands ont surtout utilisé les Anglais d’avant la conquête pour stigmatiser les vices de leur époque : ceux d’abord du petit peuple, qui avait conservé des cris et des pratiques sans doute héritées d’une antique obligation de boire; ceux ensuite de l’aristocratie anglo-normande, dont certaines manières leur semblaient inacceptables. Une bonne manière de condamner ces usages était donc de les attribuer aux « Anglais », c’est-à- dire à une classe politique honnie et détrônée par les ancêtres de ceux-là mêmes qu’ils cherchaient à corriger.

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